Pour pouvoir vous reconnecter aux besoins de votre corps, il est nécessaire de vous donner la permission inconditionnelle de manger, c’est à dire le droit de manger de tout quand vous le voulez, en étant à l’écoute de vos sensations corporelles.

Et cette permission s’accompagne généralement d’une phase où vous apprivoisez cette nouvelle liberté alimentaire, au point parfois de pouvoir vous sentir sous l’emprise des aliments…. Décryptage.


Légaliser TOUS les aliments

L’alimentation intuitive se place comme une alternative aux régimes. C’est une manière de réapprendre à manger, en écoutant les signaux de son corps. Pour cela, il s’agit en premier lieu de décider d’abandonner les régimes et surtout de sortir de la catégorisation des aliments en « bons/mauvais », « autorisés/interdits ».

A la pensée de lever vos interdictions alimentaires, vous pourriez avoir une bouffée d’angoisse en vous disant;

Mais sans règles alimentaires, sans contrôle, je ne vais manger que des aliments malsains (sous entendu aliments industriels gras/sucrés)!!!!

Et il est vrai que pour sortir de la catégorisation des aliments, vous devez légaliser les aliments. Tous les aliments.

Pour cela, il est fréquent de passer par une phase « je mange ce que je veux, et surtout des aliments précédemment interdits ».

Imaginez, c’est comme si un enfant, privé de bonbons depuis toujours, se retrouvait dans une confiserie avec accès libre et illimité à tout. ça donne le vertige non?

On imagine bien dans ce cas là l’enfant faire une orgie de bonbons au point de se rendre malade. Il en mangerait sûrement toute la journée pendant plusieurs jours, sans savourer, sans pendre réellement de plaisir autre que celui de transgresser l’interdit…..

Mais que se passerait-il une, deux semaines plus tard?

J’imagine pour ma part que cet enfant n’aura plus envie de ne manger que des bonbons; peut-être même qu’il n’aura même plus du tout envie de manger de bonbons. Et finalement, s’il sait qu’il aura toujours accès à cette confiserie s’il a envie de bonbon, il pourra librement choisir de manger autre chose car les bonbons seront dorénavant toujours là.

Il ne sera plus obligé d’en manger parce qu’il a peur de ne plus en avoir par la suite, parce que c’est sa seule occasion d’en manger, ou parce qu’il a accumulé tant de frustration qu’il est incapable de se contrôler face aux bonbons…..

Et c’est exactement le même processus à l’oeuvre lorsque vous traversez cette phase « je mange ce que je veux ». Vous mangez beaucoup d’aliments industriels, gras/sucrés parce que vous êtes en manque.

Parce que vous êtes frustrée.

Parce que vous avez le droit.

Parce que vous n’avez envie de rien d’autre.

Et puis progressivement, vous comprenez que ces aliments seront toujours là. Qu’ils ne sont plus interdits. Vous vous rendez compte que vous n’avez plus tellement envie de ne manger que ça.

Comme vous n’êtes plus sous l’emprise de l’alimentation émotionnelle (crée par la restriction), vous êtes de plus en plus capable d’écouter les envies de votre corps (qui va vous orienter vers les aliments qui vont combler vos besoins). Et là, comme par magie, vous avez envie d’une bonne salade croquante; d’une pomme; de bâtonnets de carottes…..

Car lorsque vous ne catégorisez plus les aliments en « bons/mauvais », vous vous autorisez à prendre du plaisir en mangeant des aliments anciennement considérés comme interdits, mais vous vous autorisez également à prendre du plaisir à manger les aliments que vous vous forciez à manger « parce que c’est bon pour la santé/ça fait maigrir ».

Vous redécouvrez le goût de tous les aliments, que vous pouvez manger sans a-priori, sans jugement moral, sans culpabilité.

Cette phase est-elle obligatoire?

Bien que passablement désagréable (puisqu’on se sent toujours sous l’emprise de la nourriture ), cette phase parait être un passage obligé pour se prouver à soi-même que les interdictions sont réellement terminées. ça peut sembler extrémiste de se dire qu’on va s’autoriser à manger ce qu’on veut quand on veut, mais cette permission inconditionnelle est à la mesure des années de privation que vous avez subit antérieurement.

Comment prouver à votre corps et à votre esprit que la restriction est terminée autrement qu’en satisfaisant, de manière inconditionnelle, vos envies de manger?

L’alimentation intuitive est un processus, et cette phase fait partie de ce processus. Mais rassurez-vous, elle ne dure pas; Car quand vous vous êtes offert cette permission inconditionnelle, vous ne mangez plus pour combler des manques, des peurs. Vous réapprenez à manger par plaisir. Vous réapprenez à manger en écoutant vos sensations alimentaires.

Et il est bien évident que tant que vous êtes sous l’emprise de la restriction, vous reconnecter à votre corps est tout simplement impossible puisque vous fusionnez totalement avec vos croyances alimentaires qui dictent vos comportements, sans prendre en compte ni vos sensations, ni vos envies.

Combien de temps ça dure?

Une question qui revient. J’ai moi-même été un peu lasse lorsque cette phase commençait à durer plus que ce que je n’aurai voulu. On aimerait dans ce cas y mettre fin. On aimerait que notre corps en ait assez de ces aliments lourds.

Mais le fait est qu’il faut aller au bout.

Il faut laisser le processus à l’oeuvre.

Oui, cette phase passe. Quand? On ne sait pas. Cela dépend de vos résistances actuelles, de vos peurs, de votre histoire alimentaire…..

Lorsqu’on a des attentes et qu’on aimerait que les choses soient autrement, on va avoir tendance à vouloir remettre du contrôle. Or, cette phase est là pour nous faire lâcher ce contrôle mental, et nous aider à retrouver le contrôle exercé par notre corps via les sensations alimentaires.

Mes conseils pour traverser cette phase de la manière la plus sereine possible sont:

  • D’être bien consciente que pendant cette phase, quoi que vous mangiez, vous prenez soin de vous. Vous êtes en train de guérir votre relation à la nourriture. Vous êtes en train de sortir de la restriction pour vous offrir une liberté alimentaire que vous n’avez peut-être jamais connue.

  • De rester bienveillante avec vous-même, quels que soient vos comportements. La culpabilité et les jugements ne vous aideront pas à changer, mais vous renverront plutôt à vos anciens comportements.

  • D’observer avec curiosité ce qu’il se passe pour vous. Vous n’allez pas pouvoir agir directement sur votre comportement alimentaire mais votre attitude va être déterminante. Vous avez à laisser faire. Vous avez à vous soutenir. Observez ce qu’il se passe jour après jour. Observez les micro changements de vos envies, de vos comportements. Observez comment vous vous sentez.

  • De cultiver votre confiance dans le processus de l’alimentation intuitive. Bien sûr, il s’agit de sauter à pieds joints dans l’inconnu, sans savoir le trajet, la durée…. mais d’autres personnes sont passées par ce chemin, et vous pouvez compter sur plusieurs communautés bienveillantes qui vous soutiendront dans vos phases de doutes, dont le groupe fb privé Les Happycuriennes.

Je vous invite à partager en commentaires vos expériences par rapport à cette phase de transition, et à nous rejoindre sur le groupe fb privé pour en discuter.

A très vite,

Déborah.