Il m’est apparu très clairement à un moment donné qu’il y avait quelque chose à faire avec cette histoire de besoins. J’étais moi-même en difficulté pour reconnaître ce dont j’avais besoin; et quant à faire des demandes…n’en parlons pas; Sauf que j’ai identifié que c’était un problème récurrent et que cela pouvait grandement impacter le bien-être général des femmes. Quelques pistes dans cet article pour éclairer la question.

Prendre la responsabilité de ses besoins

Au cours de mes accompagnements, je me suis rendu compte que la plupart d’entre nous, (je parle des femmes), faisons passer nos besoins au dernier plan. Genre, quand tout est fait: les enfants sont nourris, ont eu accès à des activités épanouissantes, ont leurs réservoirs affectifs pleins, la maison est propre et rangée, le frigo est rempli. Tout est sous contrôle.

Sauf que quand ça arrive (si jamais ça arrive…) la journée est déjà terminée et il est tout simplement l’heure d’aller se coucher. Donc le temps pour soi, l’histoire des besoins…on verra plus tard; dans une autre vie sans doute.
J’ai constaté que la plupart des femmes ne prenaient pas en charge leurs besoins mais se faisaient un devoir de prendre l’entière responsabilité de ceux des autres. Comme si nous ne pouvions aller bien que si toute notre famille allait bien. En réalité ça ne fonctionne pas comme ça du tout…

Le problème récurrent qui empêche les femmes de prendre soin d’elles est le manque de temps. Bien sûr, c’est juste irréaliste de vouloir s’occuper de TOUT.

Manque de temps, parce que les enfants passent toujours d’abord. 

Manque de temps parce qu’il y a mille choses à gérer pour assurer le quotidien.

Manque de temps parce qu’on ne sait pas déléguer, ni demander de l’aide.

Manque de temps parce qu’on veut TOUT faire, et parfaitement en prime.

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Donc on accumule…

…..la charge mentale

…..la dette de sommeil

…..le manque d’activités épanouissantes

…..le manque de temps pour soi

…..le stress

On se sent responsables de tout, parce qu’on prend la responsabilité de tout (sauf de ses besoins). On vit en apnée, dans une course folle pour contenter tout le monde (rêve illusoire s’il en est…).

Vous allez peut-être me demander le rapport avec l’alimentation intuitive…

Et bien, dans ma vision de l’alimentation intuitive, le changement le plus radical à effectuer n’est pas un changement de rapport à son alimentation, mais un changement de rapport à soi. 

Pour moi, la base de cette approche est d’apprendre à se respecter.

C’est à dire, se donner suffisamment de valeur pour respecter qui on est réellement. Ce qui sous entend d’abord d’accueillir sans jugement qui on est. S’ouvrir les bras en quelque sorte.

Défocaliser de ce que les autres attendent de nous/vont penser de nous pour se concentrer sur ce dont nous avons réellement besoin. Revenir à soi. S’écouter. Accepter ce qui arrive, même si c’est déplaisant.

C’est seulement quand on se permet ce changement de posture, qu’ on se donne la possibilité d’assurer nos besoins. Car il s’agit bien de s’autoriser à demander, à avoir des limites, à ne pas être parfaite…

Nous avons la responsabilité de nos besoins. S’ils sont en souffrance, ce n’est jamais de la faute des autres. Ce qui veut dire que ce ne sera jamais aux autres de les combler.

Donc si on les taits, si on les met sous le tapis, toute la frustration accumulée finira pas nous jaillir en pleine face à un moment ou à un autre.   


Et bien trop souvent on attend que comme par magie les autres comblent nos besoins, ou nous donne la possibilité de les combler.

Et bien trop souvent, nous ne sommes même pas conscientes de nos besoins. ça marche pour la nourriture, mais pour tous nos autres besoins, qu’ils soient physiques ou émotionnels ou spirituels…

Connaître ses besoins

Nous nous devons, par respect pour nous, de poser nos limites. De les définir déjà, puis de les exposer clairement au monde.

Poser nos limites, connaître nos besoins….on voit là commet tout ceci peut s’intriquer avec notre relation à la nourriture…. 

Comment s’arrêter quand on n’a pas de limite? 

Comment dire non quand on ne sait pas comment prendre soin de soi? 

Bien sûr, se reconnecter avec ses sensations alimentaires c’est bien. Mais ce qui est essentiel, c’est de développer cet accueil inconditionnel de nous-même, qui nous permettra d’entrer en intimité avec qui on est réellement; et ensuite, de mettre en place des choses pour combler nos besoins. 

Je sais, ça a sûrement l’air flou dit comme ça mais vous pouvez commencer petit, et prendre le temps, aussi, peut-être, de voir où vous vous situez dans cette histoire de besoins. 

Avez-vous tendance à respecter vos besoins physiques (sommeil, alimentation, élimination, mouvement…)?

Si vous vivez des tensions actuellement, savez-vous lesquels de vos besoins ne sont pas comblés?

Savez-vous faire des demandes ou attendez-vous que la situation se résolve d’elle-même? Avez-vous l’habitude d’accumuler frustration et colère jusqu’à ce que ça éclate?

Je vais vous proposer un exercice tout simple (si vous ne prenez pas le temps de le faire alors que vous en avez envie, il est bon de vous interroger sur le temps que vous vous accordez…).

Prenez 10 minutes pour vous. Installez-vous confortablement, dans le calme. Assurez-vous de ne pas être dérangées. Prenez de quoi écrire.

Fermez les yeux.

Prenez contact avec votre corps. 

Sentez votre respiration dans votre poitrine ou votre ventre.

Sentez le contact de votre corps sur votre assise. 

Prenez trois grandes inspirations.

Maintenant, posez-vous la question: De quoi j’ai envie? Qu’est-ce qui me ferait du bien? De quoi je rêve?

Laissez venir, et notez ce qui arrive….même si ça vous semble bizarre ou hors de propos. 

Restez dans l’exercice au moins 5 minutes. 


Après ce petit exercice, voici ma liste qui est sortie:

  • contact sensoriel avec la nature (toucher, sentir)
  • écrire/peindre/lire
  • me dépasser physiquement/dépasser mes limites
  • mouvement/danse
  • repos/détente/calme
  • revenir à l’essentiel
  • décompresser/débarrasser mon cerveau
  • m’ancrer 

C’est intéressant, car si j’étais consciente de certains points, d’autres (comme le dépassement physique) m’étaient inconnus. On se rend compte également de l’intensité de ses besoins quand on se permet de réellement les sentir.

Quand vous aurez votre liste, je vous invite tout d’abord à choisir les besoins prioritaires. Pas plus de 4.

Ensuite, notez, pour chaque besoin, plusieurs propositions qui pourraient combler ce besoin.

Ensuite, vous allez définir, pour chaque besoin, le plus petit pas que vous allez pouvoir faire dès aujourd’hui ou demain. 

Et ensuite, vous allez planifier et mettre en oeuvre ce petit pas.


Par exemple, pour combler mon besoin de nature (et en même temps mes besoins de calme et d’art) j’ai décidé de faire des ballades presque quotidiennement, et je me réserve un créneau par semaine pour faire une activité artistique en rapport avec des éléments naturels.

Pour combler mon besoin de dépassement physique, je vais m’inscrire à la salle de sport et je prévois d’y aller 2 fois par semaine (et pas plus comme je l’envisageais au début) et de m’inscrire à plusieurs courses en 2020.

Un petit pas suffit. Pour combler mon besoin d’écriture, j’ai choisi d’écrire 5 minutes par jour 😉


On ne transige pas avec ses besoins

Nathalie Rapoport-Hubschman, dans son livre sur la condition féminine , Les barrières invisibles dans la vie d’une femme, nous dit:

En fait, c’est comme si les femmes avaient parfois du mal à arbitrer entre le bien-être des autres et le leur. Comme si le besoin de connexion prenait le pas sur le besoin d’autonomie. Et c’est souvent là que ça coince. Un des spécialistes de l’empathie, le primatologue et éthologue Frans de Waal suggère, pour prévenir la fatigue compassionnelle – cet épuisement qui résulte de la compassion sans limite que l’on a pour l’autre-, de « fermer le portail de l’empathie ». J’irai plus loin. Cela revient à avoir le courage, dans certaines circonstances, de se faire passer avant les autres. La recommandation qui fait partie des consignes de sécurité en avion mérite d’être adaptée à la vie de tous les jours: en cas de crise, en cas de dépressurisation du quotidien, pensons à mettre notre masque à oxygène avant d’aider les autres à mettre le leur. Pour pouvoir s’occuper des autres correctement, il faut d’abord s’occuper de soi. Pour les femmes, cela implique de modifier l’ordre des choses: limiter momentanément la perméabilité aux besoins des autres, et commencer par mettre son propre masque à oxygène -pour respirer et rester en vie.

Quand je fais mes 10 minutes quotidiennes de méditation, je me choisis.

Quand je fais ma salutation au soleil le matin, je me choisis.

Quand je bannis le téléphone de la chambre le soir, et qu’à la place je prends un livre, je me choisis.

Quand je dis à ma fille, pas maintenant, je me choisis.

Quand je demande à mon conjoint de l’aide, je me choisis. 

Quand la panière de linge me supplie de la plier et que je vais regarder un livre-photo avec ma fille, je me choisis.

Quand je revois mes exigences à la baisse, que je fais moins ou pas du tout, je me choisis.

Vous ne pouvez pas marchander avec vos besoins.

Se respecter, c’est se donner assez de valeur pour prendre soin de soi; et j’espère que vous vous donnez plus de valeur qu’à votre maison, votre rangement, votre ménage….

La panière de linge, qui attend bien sagement d’être pliée (quand mes besoins prioritaires seront satisfaits ;))

Depuis 2 mois j’essayais de reprendre la méditation de manière quotidienne, sans jamais y réussir. Je voulais en faire le soir, quand mon conjoint était rentré, et peut être quand les enfants seraient couchés…. sauf qu’il y avait toujours des imprévus, les choses ne se calaient jamais de la bonne façon pour me laisser du temps (ha ha en l’écrivant je me rend compte que c’étaient aux événements de s’arranger pour me libérer du temps….). j’ai donc dû méditer 2, 3 fois en 2 mois.

Il y a 2 semaines, une amie m’a parlé d’une application géniale avec plein de méditations. Dès le lendemain, très spontanément, quand mon fils dormait, j’ai dit à ma fille « Laisse moi 10 minutes, je vais méditer ». Depuis, j’en ai fait un rituel et je m’accorde ces 10 minutes quotidiennes.

Il y aura toujours des choses à faire, c’est à vous de dire STOP.

– Que se passerait-il si je levais mes interdictions, mes limites, mes règles, mes barrières?

Aujourd’hui, je vais me faire confiance et croire que mon corps est parfait.

Aujourd’hui, je vais goûter la joie de faire à partir de ce qui me fait vibrer.

Aujourd’hui, je vais sentir mon pouvoir de dire oui ou de dire non.

Aujourd’hui, je vais danser ma vie autant que mon souffle me le permettra.

Aujourd’hui, je vais laisser mes empreintes, tracer des chemins, dévier des itinéraires.

Aujourd’hui, je vais GRANDIR, GONFLER, presqu’ EXPLOSER de vie, de joie!

Aujourd’hui, je vais CHOISIR, je vais décider, je vais m’imposer, je vais me pauser.

Aujourd’hui, je vais sentir comment ça fait en moi.

Aujourd’hui, je vais écouter ce que mon corps a à me dire; je vais le rassurer; je vais le cajoler. Je vais prendre soin de moi.

Aujourd’hui, je vais chanter, je vais dire, je vais ÊTRE.

En dehors de mes limites: il y a MOI.

Derrière mes peurs: il y a MOI.

Sous mes règles et mes interdictions: il y a MOI.

En fait, aujourd’hui je vais sortir de ces limites qui me délimitent et m’enferment, pour découvrir MES propres limites. Celles qui me permettent de combler mes besoins. Celles qui me permettent de me sentir en sécurité. Celles qui me permettent de me sentir LIBRE.

En dehors de mes limites, il y a moi, en VIE, LIBRE.

Prenez soin de vous,

Déborah.

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