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Texte écrit par Emmanuelle Araujo Calçada

C’était avant-hier. Ce jour-là j’ai fait « le Travail »* de Byron Katie sur mon corps. Pour que ce soit global par rapport à tous mes complexes, la pensée de départ sur laquelle j’ai travaillé était : « Mon corps devrait être différent de ce qu’il est ».

Je n’ai pas fait la démarche d’investigation sur une feuille par écrit comme il est recommandé, je l’ai faite à l’oral. Je formulais les questions et mes réponses à haute voix à mon compagnon qui écoutait. L’écrit me convient très bien, mais dans cette situation je n’avais pas prémédité de faire le Travail. C’est venu comme ça, dans la conversation.

En le faisant, j’ai compris que la pensée « Mon corps devrait être différent de ce qu’il est » est fausse. J’ai compris que mon corps est parfait pour être celle que je suis. Qu’il est tel qu’il est et que c’est bien ainsi.

J’ai porté tellement de haine et de colère à son égard, depuis aussi loin que je me souvienne. Je voulais le découper, le réduire, le faire disparaître totalement par endroit.

Et lui, pour continuer d’exister, pour ne pas disparaître sous mes coups de couteau ou de cisailles que je lui portais en pensées jour après jour, il mangeait. Il mangeait pour ne pas être mangé. Et quand il mangeait je le haïssais encore plus, parce qu’il ne devait pas, parce que c’était toujours trop ou pas les aliments qu’il faut.

Et quand il était assis, couché ou détendu je le haïssais aussi. Parce qu’il aurait du bouger, faire du sport, de l’exercice.

Il me permet de faire tout ce que je veux. Il n’y a rien que je veuille faire qu’il m’empêche de faire. Mais je voulais le forcer à faire autre chose que ce qu’il fait. A faire plus de sport. Pourquoi ?

Parce qu’il devrait être ferme et galbé, alors qu’il ne l’est pas. Tout d’un coup, j’ai compris l’absurdité de cette pensée.

Mon corps est parfait pour être moi. Trop gros pour être lui, trop maigre pour être elle, trop petit pour être celui-ci, trop grand pour être celle-là.

Je ne supportais pas de me voir en photo, ou de me voir nue, ou de savoir qu’on me voyait assise, ou nue. Je rentrais mon ventre, j’essayais de me montrer sous mon meilleur profil. Toujours, en me cachant. J’avais honte. Toujours, en souffrant. J’avais mal.

J’ai enfin compris qu’il est tel qu’il est. C’est mon corps et aujourd’hui je l’aime.

Il est un cadeau du ciel, donné sans contrepartie, donné inconditionnellement, pour qu’avec lui j’expérimente et je jouisse de la vie. Je goûte, je respire, je touche, je caresse, je savoure, je frémis, je cours, je dors, je danse, je ris, je pleure, tout ça grâce à lui.

Il m’a permis de vivre tellement, tandis que moi je le haïssais. Il a toujours été là malgré tout, fidèle ami, incarnant l’amour inconditionnel pour moi, en dépit de ce que je pensais de lui et lui faisais subir.

Oh pardon mon corps chéri. Oh désolée merveilleuse création.

Je me sens aujourd’hui si honorée de vivre en toi, par toi, à travers toi.

Je suis telle que je suis, et c’est parfait ainsi. Il n’y a pas de normes auxquelles me comparer. Il n’y a pas d’avis ou de jugement à avoir. Il n’y a pas d’amélioration à apporter.

Peu m’importe l’opinion des autres sur mon corps, tant que moi je lui donne la pleine liberté d’être tel qu’il est, rien de plus rien de moins.

Mon corps a le droit d’avoir un IMC supérieur à la moyenne. Ou inférieur. Il a le droit d’avoir l’IMC qu’il a. La taille qu’il a. Les formes qu’il a. La texture qu’il a. Que pourrait-il être d’autre, de toute façon, que ce qu’il est ?

Lorsque je crois la pensée qu’il devrait être différent, je suis en guerre contre la réalité, en guerre contre lui, en guerre contre moi. Je souffre et je le fais souffrir.

Assez de souffrance. Il est tel qu’il est et c’est absolument ok. Il n’a pas un gramme de trop, pas un gramme manquant. Pas une cellule mal placée. Il est le corps idéal pour être qui je suis ici et maintenant. Pour être quelqu’un d’autre, sans doute pas, mais ça tombe bien : je suis et je veux être moi. Juste moi.

Merci Byron Katie, pour cet outil incroyable que tu as mis à disposition de ma vie. Grâce à toi, mon corps et moi nous sommes maintenant amis. Et je sais que ça va durer : je ne peux plus croire la pensée que j’avais car j’ai trouvé une plus grande vérité. Elle s’appelle Amour et elle m’a libérée.

« Le Travail » est une démarche permettant d’identifier et de questionner les pensées stressantes qui sont à l’origine de notre souffrance. Les documents nécessaires pour faire le Travail en français sont disponibles gratuitement en téléchargement sur ce site (en bas à gauche de la page d’accueil).

A propos

Initialement Docteur en écologie, puis journaliste d’enquête sociale, animatrice nature, porteuse de projet d’une école démocratique, membre du staff d’une école Sudbury, médiatrice culturelle…
Aujourd’hui, j’aide les personnes à vivre en paix avec elles-mêmes et les autres par mon activité de facilitatrice relationnelle.
Je défends la liberté et la dignité des enfants et leur droit à être considérés comme des personnes à part entière, de véritables citoyens.
Passionnée par la vie, je ne cesse de cheminer pour ouvrir ma conscience et faire grandir mon amour et mon humanité.