L’alimentation intuitive est une approche alimentaire plus qu’une méthode. Cela veut dire que même s’il y a des grands principes, il n’y a pas vraiment de « prescriptions alimentaires ». Un des grands principes est d’apprendre à respecter sa faim et sa satiété. Le problème est que, conditionnées par des années de régimes et de règles alimentaires, la plupart d’entre nous commettons l’erreur de suivre au pied de la lettre ce que nous prenons pour des règles rigides et strictes. Ceci nous maintient dans le piège des régimes. Alors, comment en sortir vraiment? Des pistes dans cet article.

Les règles de l’alimentation intuitive

Quand on entend parler d’alimentation intuitive les premières fois, on ne sait pas vraiment de quoi il retourne. Une nouvelle méthode pour maigrir? Un nouveau régime dans la lignée de tous ces régimes à la mode (crudivorisme, veganisme, paléo)?

Et si on s’y intéresse d’un peu plus près, on découvre qu’en réalité, ça n’a rien à voir avec un régime, et que c’est tout le contraire! Mais, habituées que nous sommes aux régimes et aux directives claires et précises sur ce qu’il faut manger ou pas, nous nous trouvons dans le flou en ce qui concerne la manière de procéder: par où commencer? Que puis-je manger, ou pas? Quand? Pour vous aider à débuter, j’ai d’ailleurs écrit cet article.

Le fait est que quand on arrive à l’alimentation intuitive et qu’on veut « s’y mettre », on a souvent l’impression de débarquer sur une autre planète dont nous ignorons tout, les us et coutumes, les codes….et pour naviguer en toute sécurité, nous avons besoin de repères. De limites. D’un cadre sécurisant. Surtout que se lancer dans l’alimentation intuitive, ça fait peur. ça fait peur parce que c’est un changement de paradigme alimentaire. C’est un changement complet, radical, de manière de s’alimenter, et même de la manière dont on pense son alimentation. On va devoir réapprendre à manger de tout. Et ça c’est très effrayant. Parce qu’on a peur de perdre le contrôle et de prendre du poids.

Et plus on a peur, plus on cherche des limites extérieures auxquelles se fier. Des limites qui nous protégeraient du danger…

Un des principes « guide » de l’alimentation intuitive est de respecter ses sensations alimentaires, car ce sont elles qui vont nous permettre de guider notre alimentation pour parvenir à notre poids d’équilibre. Le problème est que si on s’accroche trop à ce principe, si on n’ arrive pas à s’en détacher pour faire avec ce qui est, on peut vite se retrouver prisonnière de contraintes qui ne peuvent pas tenir au long court. Et on continue d’être enfermée dans la restriction parce qu’on a pris le problème à l’envers. L’idée n’est donc pas d’échanger des règles alimentaires pour d’autres, mais bel et bien de sortir de la restriction.

Sortir de la restriction

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Réintroduire les aliments « interdits » n’est pas une mince affaire; mais on se dit que si on les mange quand on a faim, et qu’on arrête quand on est rassasié, il ne va rien nous arriver de terrible (sous-entendu: vous n’allez pas grossir).

Le problème est que cette bonne résolution de ne manger QUE quand vous avez faim, ne dure pas longtemps (si toutefois vous y arrivez une fois…). Quand vous croyez devoir manger seulement quand vous avez faim, vous êtes toujours sous l’emprise d’une règle alimentaire.

Cela signifie que vous pouvez très bien re-manger des aliments « interdits » tout en continuant d’être en restriction:

  • Vous portez une attention minutieuse (obsessionnelle??) sur ce que vous mangez
  • Vous culpabilisez si vous mangez « mal », « trop »
  • Vous êtes contente si vous mangez « bien »
  • Vous essayez de contrôler votre apport alimentaire en essayant de ne manger que quand vous avez faim

Donc, vous jouez toujours le jeu des régimes. Vous croyez qu’il y a des limites à ne pas dépasser. Vous pensez qu’il y a des règles. Vous pensez qu’il y a une bonne et une mauvaise façon de manger.

Seulement voilà: les mangeurs régulés mangent tous différemment et ne suivent pas de règles pour savoir quand et quoi manger. Parfois ils mangent trop. Parfois ils vont sauter des repas. D’autres fois encore, ils ne vont manger que parce qu’ils en ont envie…. Ils vont manger à 22h, ou au milieu de la journée. Ils vont manger des légumes et de la glace. Bref, ils vont manger, comme ils en ont envie, et vivre leur vie. Ils vont manger, et passer à autre chose. Oui bien sûr, ils sont connectés à leurs sensations alimentaires, mais ça ne les empêchent pas de manger sans faim car ils font naturellement confiance à leur corps pour réguler le tout.

Vous n’avez pas besoin de vous prendre la tête pour manger intuitivement. C’est même plutôt l’inverse. Il faut sortir du mental! Il faut arrêter de voir l’alimentation intuitive comme une série de règles à suivre car cela vous maintient dans la restriction. Vous maintenez alors une valeur morale sur votre alimentation au lieu de vivre la joie, le plaisir et le contentement. Il n’y a pas de rapport entre votre valeur et ce que vous mangez.

Pour savoir quelles sont vos règles alimentaires, demandez-vous:

  • Comment je me sens par rapport à la nourriture? Dans quelles situations je culpabilise d’avoir mangé?
  • Qu’est-ce que je pense des aliments que je mange?
  • Comment j’aimerai manger de manière idéale?
  • C’est quoi pour moi l’alimentation intuitive et comment je pense pouvoir y arriver (quelles stratégies je mets en place pour ça)?

Permission et pardons inconditionnels

En réalité, pour apprendre à manger de manière intuitive, vous devez désapprendre tout ce que vous avez appris sur la nourriture et la bonne façon de se nourrir. Vous devez revenir à vous, et vous laisser manger comme que vous le désirez.

Des carottes au petit-déjeuner. A 22h. Juste pour le plaisir. Trop. 2 fois d’affilé…. Bref, comme vous le voulez vraiment. Et même si vous n’avez pas faim. Le fait d’avoir envie de manger justifie de manger. Simplement. Vous n’avez pas besoin d’une autorisation pour manger. Vous n’avez pas besoin d’une raison.

Vous allez me dire que vos problèmes alimentaires actuels sont justement liés au fait que vous mangez tout le temps, sans écouter vos sensations alimentaires, et que faire la même chose ne changera pas la situation.

Et vous aurez raison. Sauf que là, vous n’allez pas du tout faire la même chose! Vous allez manger mais sans penser que vous devriez manger différemment. Et du coup, sans culpabiliser (enfin, ça prend du temps pour en arriver là ;)).

Vous allez vous ouvrir un espace de liberté qui vous permettra de vous libérer de l’alimentation émotionnelle créée par la restriction = je n’ai pas le droit de manger du chocolat/je craque dessus/j’en mange énormément/je culpabilise/j’en mange encore plus….. Si vous mangez du chocolat, eh bien, vous mangez du chocolat. Point. Même si vous le mangez sans faim. C’est un non-événement parce que ça arrive à tout le monde. Ce n’est ni bien, ni mal.

Quand j’ai commencé à pratiquer l’alimentation intuitive, j’étais encore coincée dans mes anciennes habitudes restrictives. C’est en fait toute une manière de pensée qu’il faut revoir. Je pensais que je devais manger d’une manière bien précise. Que je devais pouvoir sauter le petit déjeuner si je n’avais pas faim, que je devais pouvoir résister à ce pain au chocolat si je n’avais pas faim; que je devais pouvoir m’arrêter de manger quand je n’avais plus faim… Mais rien ne se passait comme je le désirais! J’étais en lutte contre moi-même, je m’en voulais de ne pas réussir… et je ne comprenais pas pourquoi je n’y arrivai pas…

J’avais des attentes, et je n’arrivais pas à atteindre mes objectifs. Cela me minais, me rendais anxieuse vis à vis de la nourriture (allais-je y arriver ou pas?), et finalement, je ne ressentais que de la pression. Donc mon rapport à la nourriture ne s’améliorait pas. J’étais encore dans un combat perpétuel, avec ma nourriture et moi-même.

Voyant que ça ne fonctionnait pas, que je résistais finalement, j’ai décidé de lâcher-prise. De laisser-faire ce qui devait être. J’ai décidé de manger comme j’en avais envie, malgré ma peur de prendre du poids et de manger « n’importe comment ». En faisant cela, j’ai peu à peu appris que rien de grave n’arrivait quand je mangeais comme j’en avais envie. J’ai même été surprise de pouvoir, au bout d’un moment, refuser de la nourriture, ou bien d’avoir envie de légumes particuliers. Mais surtout, j’ai appris que peu importe ce que je faisais, c’était juste. J’ai appris à ne plus m’en vouloir si je mangeais trop; j’ai appris à ne plus considérer mes actions sous l’angle moral (bien/mal).

En me permettant de faire ce que je voulais, je m’offrais ainsi la possibilité de CHOISIR. Qu’est-ce qui est le mieux pour moi dans l’instant?

Quand nous sommes prisonniers de nos attentes, nous n’avons pas le choix. Soit nous résistons, soit nous craquons (dans un élan de résistance à la pression).

Offrez-vous le CHOIX.

Offrez-vous le pardon inconditionnel, et je dirai même plus, la permission inconditionnelle. Vous pouvez tout faire. Vous avez le droit. Sortez du jugement pour entrer dans l’observation. Permettez-vous.

Il n’y a qu’en vous permettant de dire OUI à la nourriture que vous pourrez, plus tard, dire NON.

Je vous invite à rejoindre notre communauté des Happycuriennes pour venir discuter de ça, et bien d’autres choses!

Prenez soin de vous,

Déborah.