Voici le quatrième article d’ une série pour explorer en profondeur ce qu’est l’alimentation intuitive et aborder les peurs les plus courantes, peut-être celles qui vous empêchent de vous lancer. Vous trouverez ici le troisième article.  

 

L’alimentation émotionnelle, ou « craquages », « compulsions », « grignotage »…peu importe comment vous l’appelez, constitue une des problématiques majeures pour les personne qui cherchent à perdre du poids. Nous allons voir dans cet article ce qu’est l’alimentation émotionnelle, et comment la gérer de façon concrète.

L’alimentation émotionnelle, kézako?

Une envie de manger émotionnelle, c’est quand on a envie de manger sans avoir faim. On mange alors pour se réconforter, pour se procurer du plaisir, des émotions agréables.

L’alimentation émotionnelle est comme son nom l’indique provoquée par une émotion. On ressent de l’ennui, de la frustration, de la joie et hop, on mange. On n’est même pas forcément conscient de cette émotion. 

Bien que vous souhaitiez sans doute mettre fin à cette manière d’ingérer la nourriture, laissez-moi vous dire que nous utilisons TOUS, oui j’ai bien dit TOUS, l’alimentation émotionnelle.

Tout le monde a des envies de manger émotionnelles car nous utilisons cette stratégie pour réguler nos émotions.

Il y a d’autres stratégies, appelées stratégies de contrôle, qui nous permettent de gérer nos émotions : fumer, boire, se ronger les ongles, regarder la télé, dormir, faire du sport….

Bref, nous le faisons TOUS. 

L’ingestion de nourriture réconfortante participe à notre équilibre émotionnel: quand nous mangeons un aliment qui nous procure du plaisir, nous sécrétons des neurotransmetteurs qui nous font nous sentir bien. Donc manger est NATURELLEMENT une stratégie anti-stress.

Ce n’est pas un problème d’utiliser cette stratégie de temps à autre tant que cela ne détériore pas notre qualité de vie et notre santé.

ça devient problématique quand on l’utilise tout le temps, de manière automatique, parce qu’on en vient à manger quand on ressent tout type d’émotions, et on n’arrive plus à gérer nos émotions autrement qu’avec la nourriture!

 

De l’importance des émotions

Les émotions sont indispensables à notre survie, elles nous indiquent quand nos besoins sont satisfaits ou pas. Toutes les émotions sont utiles, même celles qu’on qualifient de négatives (colère, tristesse).

Les émotions nous servent à nous guider. Le problème est que lorsque vous mangez pour anesthésier vos émotions, vous vous coupez de vos émotions, vous vous coupez de vous, de vos réels besoins et il devient difficile de vivre une vie épanouissante.

Vos émotions ainsi étouffées ne sont pas vécues, intégrées et influencent toujours vos comportements.

Vous utilisez votre énergie dans la lutte contre ces émotions au lieu de chercher une solution. Votre réserve d’énergie est limitée. Vivre ces émotions demande moins d’énergie que de lutter contre.

Identifier et vivre ses émotions peut sembler difficile au début, car nous n’avons pas été habitués à le faire.

 

 

En effet, dans notre culture, exprimer ses émotions n’est pas une capacité qui semble être valorisée. Dès notre enfance, nous apprenons à réprimer nos émotions. Certaines pratiques éducatives creusent le lit de l’alimentation émotionnelle:

  • Faire de la nourriture une récompense ou une punition
  • Interdire des aliments = ce qui les rends attractifs et hautement désirables = l’ingestion de ceux-ci suscite donc des émotions exagérément intenses
  • Ne pas permettre aux enfants d’exprimer leurs émotions: de cirer, de pleurer ou de rire
  • Ne pas aider l’enfant à mettre des mots sur ses émotions

 

Vous avez le droit de ne pas être capables de gérer vos émotions et d’utiliser la nourriture pour vous aider. Peut-être agissez-vous comme ça depuis votre enfance, il faut donc que vous appreniez à faire autrement.

Mais cela prends du temps. 

Déjà, prendre conscience du fait que vous ne savez pas comment gérer vos émotions autrement qu’avec la nourriture est une grosse étape. Accordez-vous ce temps et soyez bienveillante avec vous-mêmes. Vous pouvez tout de même agir aujourd’hui pour modifier votre comportement.

 

Ne plus résister

 

Peut-être qu’aujourd’hui, vous avez énormément d’envies de manger. Peut-être même que vous ne savez pas différencier envies/faim. 

Différentes expériences nous ont appris que lorsque nous sommes en restrictions nos envies de manger sont démultipliées .

Donc plus vous contrôlez votre alimentation, plus vous allez avoir d’envies de manger.

De plus, plus vous tenterez de résister à ces envies, plus vous allez perdre le contrôle.

Comme vous résistez à ces envies de manger, elles se transforment en compulsions.

Une envie se présente, vous luttez un certain temps, puis vous craquezvous mangez de grandes quantités de nourriture, de manière automatique, sans pouvoir vous arrêter. Et comme vous culpabilisez, puisque vous pensez que c’est mal, que ça fait grossir, vous éprouvez des émotions désagréables (colère, honte, tristesse, culpabilité) = vous mangez encore plus.

Quand vous voulez contrôler votre envie de manger ça se transforme en compulsion.

Quand vous ne vous autorisez pas à manger, ça se transforme en compulsion.

 

Vous allez donc devoir accepter vos envies, ne plus y résister.

Vous pouvez faire disparaître vos compulsions mais pas vos envies de manger.

C’est ok de manger vos émotions! ça ne fait pas de vous une mauvaise personne.

Les envies de manger ne sont pas mauvaises en soi. C’est une stratégie parmis d’autres. L’idée n’est donc pas de stopper les envies, mais de vous autoriser à les vivre en pleine conscience, sans jugement, et de donner à votre corps juste assez de ce dont il a besoin.

 

Comment on fait concrètement?

Quand vous avez une envie de manger:

  1. Vous faîtes une pause et vous prenez le temps d’observer ce qu’il se passe en vous: est-ce que vous avez faim? 
  2. Qu’est ce que vous ressentez dans votre corps? Est-ce que vous pouvez identifier une plusieurs émotions? Quelles sont vos pensées?
  3. Vous allez choisir l’aliment dont vous avez envie, l’aliment qui va vous apporter le plus de réconfort (et donc, vous n’aurez pas à en manger de grandes quantités)
  4. Vous vous autorisez à le manger sans culpabiliser; vous ne faîtes pas quelque chose de mal, vous avez le droit de manger, même si c’est sans avoir faim.
  5. Vous savourez cet aliment sans rien faire d’autre. Vous prenez conscience du plaisir ressenti, et vous laissez passer les pensées de contrôle
  6. Vous restez bienveillante avec vous le reste de la journée. Ce n’est pas une bêtise, vous n’avez pas à vous priver par ailleurs.

 

Oui, je sais. C’est facile à dire. Bien sûr, on n’arrive pas à faire ça du jour au lendemain; ça demande de la pratique, des ajustements. 

ça demande un travail sur ses croyances, sur ses sensations alimentaires, sur ses aliments interdits…

ça demande de développer la partie bienveillante en nous.

Mais ça vaut le coup.