Comme je viens de terminer le module 1 de communication non violente, et que j’entame le module 2 dans quelques jours, il m’est venu à l’idée de faire un parallèle CNV/alimentation intuitive.

Plus j’avance dans cette démarche et plus je me rends compte que la base de l’alimentation intuitive est vraiment de prendre soin de soi. Et pour cela, nous devons obligatoirement passer par une reconnexion (réconciliation?) avec notre corps. Nous devons rétablir une collaboration avec notre corps.

Notre alimentation reflète qui nous sommes, nos ressources, nos limites, nos résistances. Malheureusement, notre comportement alimentaire, ainsi que notre relation à notre corps, peuvent rapidement devenir violents. Comment prendre conscience de ces violences, et réussir à aller plus loin?

Voilà le thème de cet article.

Alimentation intuitive: une démarche bienveillante et de collaboration

Manger de manière intuitive, c’est certes ré-apprendre à manger, mais c’est pour moi bien plus que cela. C’est pour ça que c’est toute une aventure, faite de hauts et de bas.

Voici ce qui nous est demandé dans ce processus:

  • réapprendre à écouter son corps
  • respecter nos besoins
  • identifier nos croyances, nos sensations, nos émotions
  • modifier nos habitudes
  • ……

Tout cela ne va pas de soi. Souvent, on se retrouve bloqué à une étape qui ne nous convient pas; on peine à écouter ou comprendre son corps. Et pour pouvoir aller de l’avant, il nous faut faire preuve de bienveillance, lâcher prise et développer nos capacités.

Pour réapprendre à manger, nous devons évoluer. Nous devons sortir de notre zone de confort.

Traverser ce chemin de l’alimentation intuitive m’a amené à développer des parties de moi, des capacités, des compétences au delà, bien au delà de l’alimentation. Et c’est aujourd’hui cela que j’aimerai partager ici, et dans mon travail.

Les 6 étapes pour sortir du cycle restriction-compulsion et faire ​la paix avec votre corps!

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Vouloir modifier son comportement alimentaire, ou sa relation à son corps, sont des chemins qui nous amènent à nous développer personnellement; car il n’y a pas d’autres voies.

C’est le chemin que nous devons traverser.

Nous avons à développer notre auto-bienveillance, qui nous permet de nous observer sans nous juger, et ainsi d’avancer vers la prochaine étape, sans pression, en limitant les attentes.

Et bien sûr, pour réapprendre à écouter notre corps (ce qui est une base fondamentale à mon sens dans la vie en général), nous devons d’abord nous reconnecter à lui. Ce qui peut être difficile après des années de rejet, entretenues par une société où le corps n’est vu que comme un moyen de transport, où l’on n’apprend pas à s’écouter, où l’expression des émotions est bannie….

Tout cela prend du temps et c’est un voyage passionnant!

Nous allons voir maintenant de quelles manières nous cultivons la violence au quotidien à travers notre relation à notre nourriture et à notre corps.

Comment se nourrir peut-il être violent?

Je me suis rendue compte que la violence ordinaire est partout dans notre rapport à la nourriture.

Voici quelques unes des manières dont nous cultivons cette violence envers nous-même:

  • avoir des pensées négatives/des jugements sur ce que l’on mange (et sur soi après avoir mangé certains aliments)
  • avoir un comportement alimentaire destructuré et destructeur (trop manger ou s’affamer)
  • ne pas prendre en compte nos sensations alimentaires, ce qui nous conduit à trop manger, à manger sans faim, ou au contraire à ne pas manger assez
  • manger rapidement, de manière automatique, sans prendre conscience ni de nos sensations, ni de la nourriture
  • manger sans plaisir, par obligation, des aliments qui ne nous plaisent pas (= se forcer  manger)
  • s’empêcher de manger des aliments qui nous plaisent (= s’empêcher de répondre à un besoin fondamental)

Bien sûr, on peut encore et encore allonger cette liste, surtout s’y on y ajoute la relation au corps….

Toutes ces actions, répétées encore et encore, jours après jours, sont une violence pour notre corps (notre intégrité physique), mais aussi notre intégrité morale.

En perpétuant ces actions, nous nous témoignons que nous ne sommes pas suffisantes, que nous ne méritons pas ce respect nécessaire, que nos besoins ne comptent pas….

Alors, comment sortir de ce cercle vicieux?

Comment aller plus loin?

Nous nourrir satisfait nos besoins.
Nous nourrir est un besoin fondamental, au même titre que se reposer, s’exposer au soleil, recevoir et donner de l’affection….

Quand on mange, on satisfaits des besoins physiques, mais également des besoins émotionnels. Nous avons besoin de manger avec plaisir des aliments qui nous plaisent.
Nous avons besoin de nous sentir “bonnes” envers nous-mêmes de combler nos besoins.

Je sais que des années de restriction peuvent nous emmener bien loin de notre corps.
A tel point qu’on ne sait pas par où commencer. Par quel chemin y revenir?

J’aimerai vous proposer ici un exercice tout simple (mais pas forcément facile ;))
Il va consister à faire du tri dans ce qu’il se passe en vous.

Plusieurs fois dans la journée (au moment des repas ou non), vous pourrez le mettre en pratique.

Je vous propose de prendre 2 minutes, plusieurs fois par jour, pour observer ce qu’il se passe en vous sur le moment:
– quelles sont vos pensées?
– quelles sont vos sensations corporelles?
– quelles sont vos émotions?

Si vous voulez aller plus loin, vous pourriez essayer d’identifier quels sont vos besoins ici et maintenant (d’après les émotions/sensations ressenties).
Par exemple:
je me sens fatiguée = j’ai besoin de repos
je me sens stressée = j’ai besoin de respirer et faire une pause
j’ai faim = j’ai besoin de manger

C’est bien sûr un premier pas dans l’écoute de soi, et c’est loin d’être évident lorsqu’on a passé des années loin de son corps. Et même si cela vous parait compliqué lors des premières tentatives, je vous encourage à persévérer.

Il n’y a pas d’autres moyens de se reconnecter à son corps que de prendre le temps de l’écouter 😉


Au fur et à mesure, vous verrez que vos ressentis se préciseront et que vous arriverez plus facilement à distinguer pensées, émotions et sensations.

Voici des articles complémentaires pour vous guider dans votre aventure:

N’hésitez pas à rejoindre le groupe fb pour aller plus loin.

A bientôt,

Déborah.