Je reçois souvent la demande « Je suis intéressée par l’alimentation intuitive, mais où je commence? » C’est vrai qu’après des années de restriction, l’alimentation intuitive semble être un monde parallèle qu’on ne sait pas vraiment comment explorer.

Il y a quelques années, je suis allée voir un nutritionniste pour perdre du poids. En fait, je voulais faire un « rééquilibrage alimentaire », apprendre à « mieux manger ». La consultation a dû durer 15 minutes grand max. Il m’a pesée, puis m’a remis une prescription de régime, pré-remplie bien sûr, et c’était fini. Le fait que je sois moi, et pas Jean-Jacques, 46 ans, n’avait aucune importance. Niveau personnalisation des soins et écoute du « client », c’était zéro.

Tout ça pour dire qu’avec l’alimentation intuitive on aurait envie que ce soit pareil. Aller tout droit, prendre à droite, tourner à gauche, sauter à cloche-pieds sur 5 mètres et vous êtes arrivées.

Mais ce n’est pas si simple. Ou plutôt, ça n’est pas si compliqué.

Il n’y a pas de prescription, ou de chemin tracé, car tout par avant tout de soi. Bien sûr, il y a de grandes étapes, et j’ai créé un programme en ligne pour accompagner les femmes à les franchir, mais, on ne peut pas vous dire à l’avance quel sera votre chemin.

Parce que vous aurez parfois besoin de rester longtemps à une étape avant de pouvoir continuer votre parcours. Vous aurez peut-être besoin de revenir sur une étape passée. En fait, tout dépends de votre parcours alimentaire, de votre relation à votre corps, de vos ressources, de votre vie actuelle…

Par exemple, moi je n’ai pas réussi à respecter vraiment mes sensations alimentaires avant d’être totalement sortie de la restriction. Et il n’y a qu’aujourd’hui, après des années de « pratique », que je peux ralentir en mangeant… Mais pour vous, ce sera forcément différent.

Alors, par quoi on commence?

Observer

Les 6 étapes pour sortir du cycle restriction-compulsion et faire ​la paix avec votre corps!

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Avant toute chose, je vous invite à vous pauser pour observer. On a tendance à vouloir faire, à vouloir être dans l’action tout de suite, mais encore faut-il savoir où aller.

Qui êtes-vous aujourd’hui? De quelle manière mangez-vous? De quelle manière vous empêchez-vous de manger?

Il est vraiment très important d’avoir une vision claire de vos comportements, de vos attitudes, de vos pensées. D’être vraiment consciente de ce qu’il se passe pour vous.

Et ce n’est pas si simple que ça, car on peut avoir tendance à se laisser emporter dans des jugements négatifs (ou positifs) qui vont altérer notre capacité à voir vraiment ce qui est.

Il est utile également de prendre conscience de ces jugements. Quels sont les biais entre vous et votre nourriture? De quelle manière catégorisez-vous vos aliments? De quelle manière et dans quelles situations vous félicitez-vous ou vous culpabilisez-vous?

Je vous invite donc à vous exercer à observer ce qu’il se passe pour vous, et surtout à essayer de repérer vos jugements (bien/mal, trop/pas assez…). Voici différents domaines que vous pouvez observer:

  • La manière dont vous vous restreignez: Analysez-vous chaque chose que vous mangez? Comptez-vous les calories/les points? Dans quelles situations culpabilisez-vous? Quels aliments vous empêchez-vous de manger? De quelle manière contrôlez-vous votre poids/nourriture?
  • La manière dont vous mangez: Quel est votre rythme? Pourquoi commencez-vous à manger? Pourquoi arrêtez-vous? Dans quel environnement mangez-vous? Quelles sont vos pensées récurrentes lorsque vous mangez?
  • Votre rapport avec vos sensations alimentaires: Quelles sensations alimentaires connaissez-vous? (Faîtes un tour sur le blog si vous ne savez pas quelles sont nos sensations alimentaires). Lesquelles ressentez-vous dans votre corps? Lesquelles parvenez-vous à respecter?
  • Votre rapport à votre corps: Êtes-vous plutôt indifférente ou dans le jugement perpétuel? Quel est votre niveau de connexion avec votre corps (êtes-vous à l’écoute de vos besoins physiques? êtes-vous en contact avec votre corps ou l’ignorez-vous?)?
  • Et enfin, quelles sont vos intentions en voulant pratiquer l’alimentation intuitive? Maigrir est-il votre priorité? Que souhaitez-vous par rapport à votre relation avec la nourriture et votre relation avec votre corps?

Zoom sur la restriction

Il me paraissait essentiel de parler de manière plus intense de la restriction. Parce que ça peut être devenue pour vous une habitude de fonctionnement, à tel point que vous pensez ne plus vous restreindre, alors que si.

70 à 80% des personnes sont au régime sans le savoir!

Vous pouvez croire avoir abandonné les régimes et manger selon vos envies alors qu’en fait vous êtes toujours prisonnière de vos règles alimentaires.  Vous conservez alors la mentalité des régimes et sans vous en rendre compte, vous êtes toujours au régime = c’est ce qu’on appelle la restriction cognitive.

Vos décisions alimentaires sont guidées par des règles qui vous dictent quoi manger sans prendre en compte vos envies et vos besoins.
Vous jugez votre nourriture et vous jugez votre manière de manger.

Ces règles viennent des croyances que vous avez construit depuis votre enfance, à l’aide des informations nutritionnelles que vous avez trouvé ici et là, les différents régimes que vous avez fait, ce que tel médecin vous a dit, ce que vous avez lu dans tel magazine, à partir de votre éducation….

Par exemple:

  • il faut prendre un petit déjeuner
  • le gras fait grossir
  • j’ai mangé x, c’est mal
  • les régimes font maigrir
  • si je fais X kilos j’ai le droit de manger
  • je mange pour ne pas avoir faim

Pour identifier vos croyances, je vous invite à répondre à ces questions:

  • Quelles règles appliquez-vous dans l’espoir de perdre du poids/ne pas en prendre?
  • Quand avez-vous peur de grossir? 
  • Est-ce que vous mangez sans faim (par anticipation, peur)?
  • Quels sont vos aliments interdits? Pourquoi sont-ils interdits?
  • Pourquoi souhaitez-vous perdre du poids?
  • Pourquoi avez-vous fait des régimes? Pourquoi un régime ferait-il maigrir?

Passer à l’action

Bon, après tout ça il est temps de passer à l’action.

Vous pouvez lister vos aliments interdits et les réintégrer progressivement, en commençant par ceux qui vous font le moins peur. Ce qui signifie, en manger, et en avoir chez vous, de sorte qu’ils soient tout le temps disponibles. Au début, vous allez sans doute tout manger d’un coup; et puis, les fois d’après aussi. Mais au bout d’un moment, vous pourrez avoir ces aliments dans vos placards sans tout manger. Parce qu’ils vont devenir de plus en plus habituels, et que vous allez comprendre que si vous en avez envie, vous pourrez en manger tout le temps.

Vous pouvez aussi décider de ne plus vous peser du tout (et de jeter la balance!), ou de réduire le nombre de pesée.

Vous pouvez commencer à essayer de ressentir votre faim. Avant de manger, observez quelles sont vos sensations corporelles.

Vous pouvez également vous entraîner à observer vos jugements et vos pensées de contrôle, et à prendre de la distance par rapport à eux. Vous allez vouloir remettre du contrôle, et vous allez avoir des pensées telle que « ne mange pas ça », « c’est trop », « c’est n’importe quoi », « tu vas grossir »… Ces pensées ne disent pas la vérité et ne vous mènent qu’à encore plus de contrôle. Vous pouvez développer votre capacité à observer ces pensées, qui ne sont pas vous. Vous n’avez ni à les croire, ni à leur obéir. Vous pouvez les noter sur une feuille, pour les mettre à distance. Vous pouvez également vous dire « je suis en train de penser que…« ça fait grossir » ».

Dans le même ordre d’idées, il peut-être utile de développer votre capacité à TOUT vous pardonner. Vous allez trop manger, vous allez manger sans avoir faim, vous allez remettre du contrôle…. Le changement va prendre du temps, et vous n’y parviendrez pas sans faire des expériences, parfois déplaisantes. Attention à la perfectionniste en vous qui va vous demander de réussir du premier coup à modifier des années de comportements alimentaires inadéquats. Ce n’est tout simplement pas possible! On n’apprends pas à marcher d’un coup, on apprends d’abord à se tourner sur le côté. Prenez exemple sur mon fils de 2 mois! Il n’essaie pas de se mettre debout; il n’imagine même pas pouvoir le faire 😉 Mais, il fait ce qui est en ses capacités: il essaie de se tourner sur le côté. Point. Et si au début vous n’arrivez qu’à vous observer sans rien modifier, c’est très bien. Si vous voulez aller trop vite, vous allez trébucher et largement mettre en péril vos progrès. Un pas à la fois, c’est suffisant.

Je vous invite également à faire le tour des articles du blog, pour en apprendre plus sur l’alimentation intuitive et à rejoindre le groupe fb dédié pour lire les expériences d’autres femmes qui traversent ce changement, et venir poser vos questions.

N’hésitez pas à télécharger gratuitement le guide que j’ai créé pour vous guider à travers l’alimentation intuitive en 6 étapes clés.

A bientôt,

Déborah.